Comment devenir sommelier ?

Immobilier et Entreprise

Pour devenir sommelier en France, la voie la plus courte est le certificat de spécialisation (CS) sommellerie, en un an après le bac. La voie de l’alternance est le BP sommelier, en deux ans. Aucun diplôme n’est légalement obligatoire, mais les employeurs en demandent un. Le salaire de départ tourne autour du SMIC, soit 1 867 € brut par mois.

Cet article fait le point sur les diplômes, qui ont changé de nom ou de numéro ces trois dernières années, sur les voies de reconversion et sur la grille de salaires applicable au 1er novembre 2026.

Quel parcours choisir selon votre situation ?

Votre situationParcours conseilléDuréeNiveau obtenu
Après la 3eCAP Commercialisation et services en hôtel-café-restaurant, puis CS sommellerie ou BP sommelier2 ans, puis 1 à 2 ansNiveau 3, puis niveau 4
Titulaire d’un bac (quel qu’il soit)CS sommellerie1 anNiveau 4
Titulaire d’un bac hôtellerie (bac pro CSR, bac STHR)CS sommellerie, ou BTS MHR option A puis CS1 an, ou 2 ans + 1 anNiveau 4 ou 5
Déjà serveur ou commis de salleBP sommelier en alternance2 ansNiveau 4
Adulte en reconversionCS ou BP en formation continue ou en alternance, ou titre certifié de sommelier-caviste1 à 2 ans selon la formuleNiveau 4
Passionné qui veut valider ses connaissancesCertification WSET (niveaux 2 ou 3)Quelques jours à quelques semainesCertificat international, pas un diplôme d’État

Le niveau 4 correspond au niveau bac, le niveau 5 au niveau bac + 2.

Les informations périmées qui circulent encore

Beaucoup de pages bien positionnées sur cette question n’ont pas été mises à jour depuis la réforme des diplômes. Quatre points à corriger avant de choisir une formation.

La « mention complémentaire sommellerie » s’appelle désormais certificat de spécialisation. Un arrêté du 4 juillet 2025, publié au Journal officiel du 24 juillet 2025, a remplacé l’appellation « mention complémentaire » par « certificat de spécialisation » pour une soixantaine de diplômes, dont la sommellerie. Le CS sommellerie est inscrit au RNCP sous le numéro 37382, avec une première session d’examen en 2025. Si vous avez obtenu une MC sommellerie, votre diplôme reste valable : seul le nom a changé.

Le BP sommelier a changé de numéro. L’ancien BP (RNCP1012) a vu son enregistrement prendre fin le 31 août 2023, avec une dernière session d’examen en 2024. Le BP rénové (RNCP37384) a eu sa première session en 2025. Si une école vous présente encore l’ancien numéro, c’est un signal à vérifier.

Le « titre professionnel de conseiller en sommellerie » n’existe plus. Cité par plusieurs sites de formation, ce titre (RNCP31957) est inactif depuis le 21 décembre 2023. Ce n’était d’ailleurs pas un titre professionnel du ministère du Travail, mais un titre délivré par un organisme privé. Les titres actifs aujourd’hui sont décrits plus bas.

Les salaires cités sont souvent ceux de 2024 ou du début 2026. Le SMIC est passé de 12,02 € à 12,31 € brut de l’heure le 1er juin 2026, et une nouvelle grille de salaires de la branche hôtels-cafés-restaurants s’applique au 1er novembre 2026.

Quels diplômes pour devenir sommelier ?

Le CS sommellerie, la voie la plus courte

C’est la formation spécifique la plus suivie. Elle se prépare en un an, en lycée hôtelier, en CFA ou en alternance. Elle est ouverte aux titulaires d’un bac pro Commercialisation et services en restauration, d’un bac STHR, d’un BTS MHR, d’un bac pro Cuisine, et plus largement de tout baccalauréat ou diplôme de niveau 4.

Le programme couvre deux grands blocs : l’appréciation des vins et autres boissons avec l’organisation des achats (dégustation, commandes, suivi des stocks), et l’activité commerciale (accueil, vente en français et en anglais, service, conception d’une carte des vins). La formation alterne cours et périodes en entreprise : dans un lycée hôtelier normand, par exemple, l’année comprend un stage pendant les vendanges, un chez un caviste et un en restaurant.

Le BP sommelier, la voie de l’alternance

Le brevet professionnel se prépare en deux ans, en apprentissage, en contrat de professionnalisation, en formation continue ou par la validation des acquis de l’expérience (VAE). Il n’est pas proposé en formation initiale classique sous statut scolaire. Les centres demandent en général un CAP du service en restauration ou plusieurs années d’expérience dans le métier.

C’est la formation la plus complète : elle ajoute au CS la gestion d’équipe et l’optimisation de l’activité commerciale, et certains centres organisent plusieurs semaines de déplacement dans les vignobles. Elle convient bien à quelqu’un qui travaille déjà en salle et veut monter en responsabilité.

Le BTS MHR option A

Le BTS Management en hôtellerie-restauration, option management d’unité de restauration, n’est pas un diplôme de sommellerie. Il forme aux fonctions d’encadrement en salle. Beaucoup d’étudiants le complètent par un CS sommellerie pour viser à terme un poste de chef sommelier ou de responsable de salle.

Les titres certifiés privés

Des organismes privés délivrent des titres inscrits au RNCP, de niveau 4. Deux sont actifs en octobre 2026 :

  • Sommelier-caviste (RNCP39204), délivré par Franck Thomas Formation, enregistré jusqu’au 27 juin 2027 ;
  • Sommelier-conseil, caviste (RNCP42644), délivré par l’Université du vin, enregistré depuis le 17 juillet 2026 pour cinq ans.

Ils sont accessibles en formation continue, en alternance et par la VAE. Ils intéressent surtout les adultes en reconversion qui visent la vente en cave autant que la restauration.

Et le WSET ?

Le WSET (Wine & Spirit Education Trust) est un organisme britannique dont les certifications sont reconnues dans le négoce et l’export à l’international. Les niveaux 2 et 3 sont un bon complément, ou une première étape pour tester sa motivation. Ce n’est pas un diplôme d’État et il ne forme pas au service en salle : seul, il ne suffit pas pour être embauché comme sommelier en restaurant.

Combien gagne un sommelier en 2026 ?

Un sommelier débutant démarre au SMIC, soit 1 867 € brut par mois depuis le 1er juin 2026, selon la fiche métier de l’Onisep. Un sommelier confirmé gagne autour de 3 000 € brut par mois selon le CIDJ, davantage dans les grandes maisons.

Dans les hôtels, cafés et restaurants, le salaire minimum dépend du niveau de classification prévu par la convention collective. Voici la grille issue de l’avenant n° 36, applicable au 1er novembre 2026.

NiveauÉchelon 1Échelon 2Échelon 3
Niveau I12,31 € (1 867 €)12,37 € (1 876 €)12,47 € (1 891 €)
Niveau II12,58 € (1 908 €)12,80 € (1 941 €)13,43 € (2 037 €)
Niveau III13,59 € (2 061 €)13,81 € (2 095 €)14,28 € (2 166 €)
Niveau IV14,69 € (2 228 €)15,07 € (2 286 €)15,71 € (2 383 €)
Niveau V18,80 € (2 851 €)22,22 € (3 370 €)28,68 € (4 350 €)

Taux horaires bruts, et entre parenthèses l’équivalent mensuel brut pour 35 heures par semaine (151,67 heures), arrondi à l’euro. Comptez environ 79 % du brut pour estimer le net.

Le niveau ne dépend pas de l’intitulé du poste, mais des critères de la convention : autonomie, responsabilité, technicité, encadrement. En pratique, un commis sommelier débute en bas de grille, et un chef sommelier qui gère la cave et une équipe se situe plus haut. Ces montants sont des planchers : les restaurants gastronomiques paient souvent au-dessus.

Trois éléments s’ajoutent au salaire de base. Beaucoup de contrats de la branche sont à 39 heures par semaine, les heures de la 36e à la 39e étant majorées de 10 %. Les repas pris sur place sont fournis, ou compensés par une indemnité. Les pourboires, enfin, varient énormément d’un établissement à l’autre.

Le marché de l’emploi en chiffres

Selon l’Observatoire d’Akto, l’opérateur de compétences de la branche, environ 1 200 offres d’emploi de sommelier ont été publiées entre février 2023 et février 2025. 74 % étaient des CDI, et 34 % provenaient d’établissements de moins de 10 salariés. L’observatoire prévoit environ 1 500 postes à pourvoir entre 2024 et 2027, surtout pour remplacer des départs à la retraite.

Le métier n’est donc pas saturé, mais il reste petit : les places en restaurant gastronomique sont rares et se gagnent par l’expérience et le réseau.

Les qualités qui font la différence

Le palais et la mémoire des arômes se travaillent : on ne naît pas dégustateur, on le devient en goûtant beaucoup et en prenant des notes. Ce qui fait vraiment la différence en salle, c’est la capacité à conseiller sans intimider, à lire un client et à vendre une bouteille adaptée à son budget. L’anglais est attendu dans la plupart des établissements touristiques ou haut de gamme. La rigueur compte aussi : un sommelier gère des stocks, des commandes et parfois un budget cave important.

Pour qui ce métier n’est pas fait ?

Le rythme est celui de la restauration : soirées, week-ends, jours fériés, souvent en coupure (service du midi, pause l’après-midi, service du soir), et de longues heures debout. Si vous cherchez des horaires de bureau, regardez plutôt du côté du métier de caviste ou de commercial en vins, qui demandent des connaissances proches avec un rythme plus régulier.

Le métier ne convient pas non plus à quelqu’un qui aime le vin mais pas le service. La dégustation représente une petite partie du travail ; l’accueil, la vente et la logistique en représentent l’essentiel.

Les erreurs fréquentes

Payer une formation sans vérifier sa certification. Avant de vous inscrire, cherchez le numéro RNCP annoncé sur le site de France Compétences et vérifiez que la fiche est active. Une formation non certifiante peut être de qualité, mais elle ne donne ni diplôme reconnu ni accès au CPF.

Confondre sommelier et œnologue. L’œnologue intervient sur l’élaboration du vin, à la cave ou en laboratoire, avec un diplôme national d’œnologue de niveau bac + 5. Le sommelier intervient sur le choix, la conservation et le service du vin, auprès des clients.

Négliger l’expérience en salle. Un diplôme sans pratique du service pèse peu. Les saisons, les extras et les vendanges comptent dans un CV de sommelier.

Viser tout de suite un restaurant étoilé. Les débuts se font souvent comme commis sommelier, ou comme serveur dans un établissement qui a une belle carte des vins.

Se reconvertir dans la sommellerie : par où commencer ?

Avant d’engager un an de formation, testez le métier. France Travail propose des périodes de mise en situation en milieu professionnel (PMSMP) qui permettent de passer quelques jours dans un restaurant. Les vendanges, à la fin de l’été, sont un autre moyen de découvrir le monde du vin. Si vous hésitez encore entre plusieurs pistes, un bilan de compétences aide à vérifier que le projet tient la route.

Côté financement, le CPF peut prendre en charge une formation certifiante inscrite au RNCP, comme le CS, le BP ou un titre de sommelier-caviste, si l’organisme est référencé. Pour une reconversion longue en restant salarié, le projet de transition professionnelle, géré par les associations Transitions Pro, peut financer la formation et maintenir une partie du salaire.

Pour comparer avec d’autres métiers accessibles en reconversion, voir aussi quel métier faire lors d’une réorientation professionnelle.

Les évolutions possibles

Après quelques années, un sommelier peut devenir chef sommelier, maître d’hôtel ou responsable de salle. Il peut aussi passer du côté de la vente, comme caviste ou commercial pour un domaine ou un négociant, ou se mettre à son compte comme conseiller ou formateur. Les plus investis préparent les concours de la profession, comme celui du Meilleur sommelier de France organisé par l’Union de la sommellerie française, ou le titre de Meilleur ouvrier de France en sommellerie.

Questions sur le métier de sommelier

Peut-on devenir sommelier sans diplôme ?

Oui, aucun diplôme n’est exigé par la loi. Mais l’Observatoire d’Akto juge une formation dédiée indispensable pour occuper le poste, et la plupart des offres demandent au minimum un CS sommellerie ou une solide expérience en salle. Sans diplôme, la VAE permet de faire reconnaître son expérience pour obtenir le BP.

Combien de temps faut-il pour devenir sommelier ?

Un an après le bac avec le CS sommellerie, deux ans avec le BP sommelier en alternance. Depuis la sortie du collège, comptez trois à quatre ans : un CAP du service en restauration en deux ans, puis un CS ou un BP.

Peut-on devenir sommelier en formation à distance ?

Pas entièrement. La théorie peut s’apprendre à distance, mais le CS et le BP incluent des périodes obligatoires en entreprise, et la dégustation comme le service s’apprennent en pratique. Une formation 100 % en ligne prépare au mieux à une certification de connaissances.

Quel est le salaire d’un sommelier débutant ?

Environ 1 867 € brut par mois pour 35 heures, soit le SMIC depuis le 1er juin 2026. Avec un contrat de 39 heures, les heures supplémentaires majorées augmentent ce montant. Les pourboires et les repas fournis s’ajoutent selon l’établissement.

Le CPF finance-t-il une formation de sommelier ?

Oui, si la formation prépare une certification inscrite au RNCP ou au répertoire spécifique, et si l’organisme est référencé. C’est le cas du CS sommellerie, du BP sommelier et des titres de sommelier-caviste actifs. Vérifiez la fiche de la formation sur la plateforme Mon Compte Formation avant de vous inscrire.

Sources

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *