Si vous avez déjà votre voiture, la réponse est non. Le malus écologique se paie une seule fois, au moment où un véhicule est immatriculé pour la première fois en France. Il n’existe ni taxe annuelle, ni rattrapage sur les voitures en circulation. Même chose si vous achetez une occasion déjà immatriculée en France : pas de malus.
Vous êtes concerné dans deux cas seulement : vous achetez une voiture neuve, ou vous importez une occasion immatriculée à l’étranger. Et en 2026, le seuil a encore baissé.
Qui paie le malus en 2026, et qui ne le paie pas ?
| Votre situation | Malus à payer ? |
|---|---|
| Vous gardez votre voiture actuelle | Non |
| Vous achetez une occasion déjà immatriculée en France | Non |
| Vous achetez une voiture neuve thermique ou hybride | Oui, selon CO₂ et poids |
| Vous achetez une voiture neuve 100 % électrique | Non |
| Vous importez une occasion immatriculée à l’étranger depuis 2015 | Oui, avec décote |
| Vous importez une occasion immatriculée avant 2015 | Non |
La règle est posée noir sur blanc par l’administration : la taxe s’applique lors de la première immatriculation en France en tant que véhicule de tourisme. Deux exceptions rares déclenchent un malus plus tard : un utilitaire transformé en voiture particulière, ou un véhicule qui perd son exonération handicap à la suite d’une modification technique.
Les fausses informations qui circulent
« Il y a un malus rétroactif sur les voitures d’occasion. » Faux pour l’immense majorité des cas. Un véhicule normal, immatriculé en France et dont le malus a été réglé à l’origine, n’en paie pas de nouveau à la revente.
« Le malus d’un import baisse de 10 % par an. » Faux depuis mars 2025. La décote suit désormais un barème mensuel : 3 % entre 1 et 3 mois d’ancienneté, 38 % entre 49 et 60 mois, 64 % entre 109 et 120 mois, et 100 % au-delà de 180 mois.
« Les voitures électriques paient le malus au poids depuis juillet 2026. » C’était prévu, mais la mesure a été abandonnée avant d’entrer en vigueur selon plusieurs sources, et Service-Public indique toujours l’exonération totale des électriques. Méfiez-vous des simulateurs qui appliquent encore cette taxe.
Vous achetez neuf : les deux malus de 2026
Une voiture neuve peut cumuler deux taxes, toutes deux payées avec la carte grise.
Le malus CO₂. En 2026, il se déclenche dès 108 g/km, contre 113 g/km en 2025. Il démarre à 50 € et grimpe gramme par gramme jusqu’à 80 000 € au-delà de 191 g/km. Vos émissions figurent sur la carte grise, rubrique V.7.
Le malus au poids. Il s’applique désormais dès 1 500 kg, contre 1 600 kg en 2025. Le calcul est progressif : 10 € par kilo entre 1 500 et 1 699 kg, puis 15, 20, 25, et 30 € par kilo à partir de 2 000 kg. La masse se lit en case G de la carte grise. Seule la fraction qui dépasse chaque palier est taxée à son tarif : ce n’est pas le poids total qui est multiplié.
Le plafond. Le cumul des deux ne peut pas dépasser 80 000 € en 2026 : une voiture qui atteint déjà le plafond sur le CO₂ ne paie rien de plus au poids.
Les abattements hybrides. Ils ne jouent que sur le poids, pas sur le CO₂. Un hybride non rechargeable ou un micro-hybride retire 100 kg de sa masse, un hybride rechargeable de plus de 50 km d’autonomie électrique retire 200 kg, dans la limite de 15 % de la masse.
Combien ça coûte concrètement ?
Quelques profils types pour une voiture neuve immatriculée en 2026, calculés avec le barème officiel.
| Profil | CO₂ | Masse | Malus CO₂ | Malus poids | Total |
|---|---|---|---|---|---|
| Citadine essence | 115 g/km | 1 150 kg | 210 € | 0 € | 210 € |
| Compacte essence | 128 g/km | 1 350 kg | 818 € | 0 € | 818 € |
| SUV hybride non rechargeable | 135 g/km | 1 650 kg | 1 504 € | 510 € | 2 014 € |
| SUV essence | 150 g/km | 1 700 kg | 4 279 € | 2 015 € | 6 294 € |
| Grand SUV essence | 175 g/km | 2 050 kg | 32 935 € | 9 530 € | 42 465 € |
| SUV 100 % électrique | 0 g/km | 2 200 kg | 0 € | 0 € | 0 € |
Ce tableau illustre la vraie bascule de 2026 : le malus ne vise plus seulement les grosses cylindrées. Une compacte essence ordinaire paie quelques centaines d’euros, et un SUV familial passe facilement plusieurs milliers.
Testez votre voiture
Votre voiture est-elle taxée en 2026 ?
Choisissez votre situation. Si un malus est dû, le montant se calcule avec le barème officiel.
Estimation fondée sur les barèmes publiés par Service-Public. Ne sont pas intégrées : la réduction pour famille nombreuse (demandée après l’achat), l’abattement E85 et les exonérations liées au handicap. Le montant exact figure sur la demande d’immatriculation.
Vous importez une occasion : le calcul change tout
C’est là que se trouvent les meilleures affaires, et les plus grosses erreurs.
Pour un import, deux mécanismes jouent en votre faveur. D’abord, on applique le barème de l’année de première immatriculation, et non celui de l’année en cours. Or les barèmes se sont durcis très vite : le seuil est passé de 138 g/km en 2020 à 108 g/km en 2026, et le plafond de 20 000 € à 80 000 €. Ensuite, la décote d’ancienneté s’applique sur ce montant.
Exemple. Le SUV essence du tableau ci-dessus (150 g/km, 1 700 kg), acheté d’occasion en Allemagne où il a été immatriculé en janvier 2021, puis immatriculé en France en septembre 2026 :
- Barème 2021 : 150 g/km coûtaient 540 €, et le malus au poids n’existait pas encore.
- Ancienneté : 68 mois, soit une décote de 43 %.
- Malus à payer : 308 €, contre 6 294 € pour le même modèle neuf.
Et une voiture immatriculée pour la première fois avant le 1er janvier 2015, y compris à l’étranger, est totalement exonérée des deux malus, quelles que soient ses émissions.
Réduire ou éviter le malus légalement
Famille nombreuse. À partir de 3 enfants à charge et pour un véhicule d’au moins 5 places, on retire 20 g/km et 200 kg par enfant. Pour 3 enfants, le seuil CO₂ passe à 168 g/km. Attention, ce n’est pas automatique : c’est un remboursement à demander après l’achat.
Handicap. Les véhicules accessibles en fauteuil roulant et ceux achetés par un titulaire de la carte mobilité inclusion mention invalidité sont exonérés, dans la limite d’un véhicule par bénéficiaire.
Superéthanol E85. Un véhicule homologué E85 bénéficie d’un abattement de 40 % sur ses émissions. L’exemple officiel est parlant : 180 g/km ramenés à 108, soit 50 € de malus au lieu de 45 990 €.
Garder sa voiture plus longtemps. C’est la stratégie la plus rentable, et on l’oublie. Une voiture déjà immatriculée ne paiera jamais de malus, et chaque année le barème se durcit pour le neuf. Encore faut-il l’entretenir sérieusement : surveiller le liquide de refroidissement, anticiper l’usure de l’alternateur, et ne pas négliger les petits postes comme le remplacement des essuie-glaces avant le contrôle technique.
Et en 2027 ?
Le durcissement est programmé sur plusieurs années : il se poursuivra en 2027 puis en 2028, date à laquelle le montant maximal doit atteindre 100 000 €. Si vous hésitez sur un achat neuf thermique, la date d’immatriculation compte : c’est elle qui détermine le barème, et non la date de commande.
Questions sur le malus auto
Non. Le malus est une taxe unique, payée à la première immatriculation en France. Aucune taxe annuelle ne s’applique aux particuliers.
Non. Votre voiture a été taxée, ou non, selon le barème de 2023 au moment de son immatriculation. Le barème 2026 ne concerne que les véhicules immatriculés en France pour la première fois en 2026.
Sur la carte grise : les émissions en rubrique V.7, la masse en ordre de marche en case G.
Celui qui fait immatriculer le véhicule. Pour une voiture neuve, le concessionnaire l’intègre généralement à la facture. Pour un import, c’est vous qui le réglez lors de la demande de carte grise.
Oui, sur leurs émissions de CO₂ comme les thermiques, avec seulement un abattement de 100 ou 200 kg sur le malus au poids.
Cet article présente les règles générales applicables en 2026 et ne constitue pas un conseil fiscal. Vérifiez le montant exact lors de votre demande d’immatriculation, via le simulateur de Service-Public.
Sources : Service-Public, fiches « Taxe sur les émissions de CO2 des véhicules de tourisme » (F35947) et « Taxe sur la masse en ordre de marche » (F35950) ; Code des impositions sur les biens et services, articles L421-58 à L421-81.

